dimanche 30 novembre 2008

Bollywood de petite ruelle derrière le métro ou pourquoi mettre des chaussures à lacets

J'aime chanter, sous la douche, à la maison lorsque toute seule, en même temps que j'écoute la chanson (et quelle belle voix j'ai alors), quand je passe l'aspirateur, ou quand je monte les escaliers pour aller en cours au 3ème étage (mais là, tout doucement), mais en public, cela m'arrive moins, peut-être parce qu'on m'a souvent fait remarqué que je n'avais pas de voix, ce qui n'enlève en rien le plaisir que j'ai à chanter.

Bref, je ne suis pas Christina Aguilera, mais parfois je me surpasse, et ça donne quelque chose de potable, surtout quand j'y met du cœur ou je suis inspirée.

Il y a quelques soirs, j'étais donc sortie du métro avec mon ipod sur les oreilles, et comme je n'ai pas un long chemin à faire de la jusqu'à la maison, je profite dès que je passe le coin dans la petite ruelle qui traverse le parc, je regarde derrière moi, et comme il n'y a jamais personne, je commence à chanter, en force, Womenizer, que j'aime en ce moment et qui jouait dans mes oreilles :

Womanizer, woman-womanizer
You're a womanizer
Oh, womanizer, oh
You're a womanizer, baby

Assez faux, c'est sur. En regardant mes pieds je vois qu'un de mes lacets s'est défait, et ça doit faire des siècles que je n'ai pas mis des chaussures à lacets, en ce moment, c'est surtout les bottes, donc là je me mets sur un genoux pour le refaire, en me penchant mon sac tape dans le ipod dans ma poche avec le recueil qui se trouve dedans, et l'arrête, mais je continue à chanter, et je prends mon temps, en chantant, très faux, lorsque tout à coup une voix masculine derrière moi :

You, you, you are
You, you, you are
Womanizer, womanizer ....


Bien sur, une belle voix, et bien sur, j'ai eu la peur de ma vie. Et comme si ce n'étais pas assez, je reste sans voix, à rien dire, et en plus, un gars très wow, que je regarde alors que nous marchons 3 pas à coté, que je n'ai jamais vu dans ces parages, le gars est mort de rire, mais aux larmes, et me dit : "très fort", la seule chose que je suis capable de lui répondre est juste un grand sourire ( je suis sure que je rougis en plus) et lui d'aller dans le sens opposé alors que je traverse pour aller chez moi.


J'aimerais presque passer une petite annonce : "si vous étiez au coin de ...et de...le...vers les 10h45..., il pleuvait et je chantais faux, vous étiez beau...(ça rime en plus), je vous promets que j'y serai, tous les soirs à la même heure, pluie ou neige, à chanter". Et de mettre plus souvent des chaussures à lacets.

Et, comme dans n'importe quel film bollywoodien qui se respecte, la fille disparait juste au moment de l'action (moi apres le coin de ma rue) et le gars est surement avec une folle dingue (les gars drôles sont tjs avec des filles à leur opposé), mais à la fin ils se retrouvent, chantent et dansent ensemble (bien sur, je me fais doubler pour les chansons), dans une foule colorée de gens qui nous soulèvent en l'air, au son de milles musiques (peut-être pas Womanizer...), et de saris en soie, des confettis volent dans les airs et nous rions de toutes nos dents...

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